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Numero 27  -  Janvier - Fevrier 2006  

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Le Maghreb à l’honneur

Choukri, Ben Jelloun, Yacine... une sélection de poches à petit prix.
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    Littérature du Maghreb
    Editions du Seuil, 18 poches au prix unique de 27,50 LE

    Jusqu’au 15 juillet, la librarie Oum El-Dounia propose avec la coopération des éditions du Seuil une opération de découverte des auteurs marocains et algériens.

    Mohammed Dib

    > La Grande Maison, L’Incendie, Le métier à tisser

    Des rues de Tlemcen aux champs de Bni Boublen, entre 1939 et 1940, Omar grandit. Un père mort, une mère amère, qui s’éreinte au travail sans gagner de quoi nourrir ses trois enfants, et comme compagne, la faim au ventre. Le jeune garçon rêve d’études, traîne dans la ville pour fuir Dar-Sbitar, la grande maison pleine de voisines caquetantes. Va-nu-pieds attachant dans La Grande Maison, il découvre dans L’Incendie le bonheur de l’été à la campagne, où gronde la révolte des fellahs misérables. Le Métier à tisser le dépeint, à peine quelques mois plus tard, déjà sur le chemin de l’âge adulte : jeune apprenti tisserand, silencieux et réfléchi.

    Expulsé d’Algérie en 1959, et réfugié en France où il vécut jusqu’à sa mort il y a deux ans, Moham-med Dib rend hommage à sa ville natale, Tlemcen, dans cette trilogie habitée de soleil, de misère, de rage et d’amour.

    Driss Chraibi
    > la mère du printemps, naissance
    à l’aube, une enquête au pays

    Ces trois romans de Chraibi, écrits dans les années 80, ont pour point commun de soulever le problème des minorités berbères et leurs rapports aux puissances dominatrices. Dans La Mère du printemps, l’auteur redonne vie à l’ère mythique du Maroc du VIIe siècle, celle où « la religion musulmane est une parole naissante, une clameur nouvelle », retraçant la résistance de la tribu des Aït Yafelman pour défendre leur patrimoine culturel face aux cavaliers d’Allah. Dans Naissance à l’aube, deuxième volet de ce diptyque, le général Tariq Bnou Ziyyad ambitionne de refonder l’Oumma en Andalousie, qu’il est en train de conquérir à la tête de guerriers arabes et de tribus berbères fraîchement converties. Face à lui, un vieillard sans âge, à la langue coupée, ancien muezzin porteur d’une sagesse plus ancestrale que religieuse, le Maître de la Main, celui qui donne la vie, puis s’efface. L’Histoire passe.

    Variation contemporaine et satirique sur le même thème, Une enquête au pays conte avec beaucoup d’humour les tribulations de deux policiers en mission secrète dans un village du Haut-Atlas. Hier face aux conquérants musulmans, aujourd’hui face aux représentants du pouvoir central, Chraibi donne voix à ceux que les vainqueurs de l’Histoire peuvent appeler « peuplades à civiliser ».

    Mouloud Ferraoun
    > Jours de kabylie,
    le fils du pauvre

    Raconter sa terre en ravivant le souvenir des siens, de son village où les anciens se retrouvent sur la place du village, du travail rude des fellahs aux champs ou des femmes qui vont puiser à la fontaine voisine. Dans Jours de Kabylie, joliment illustré par son ami Charles Brouty, Mouloud Ferraoun fait revivre les siens avec une grande humanité, lui qui, voué à devenir berger, a quitté sa Kabylie pour Alger où il deviendra professeur puis inspecteur des centres sociaux. Avant de mourir tragiquement, assassiné dans la capitale en 1962.

    Le Fils du pauvre est l’histoire d’une famille de l’entre deux-guerres, qui survit comme tant d’autres, avec peu de moyens mais beaucoup d’amour et le sens de l’honneur. Le jeune Fouroulou est celui en qui ses parents placent leur espoir d’oublier leur triste condition. Au prix de grands sacrifices, il sera écolier, passera son brevet et, si Dieu le veut, trouvera un travail à la ville. Portrait sensible d’un adolescent, faisant tantôt la fierté ou la honte des siens, Le fils du pauvre est un récit très autobiographique, salué par la critique comme une uvre majeure de la littérature maghrébine.

    Mohamed Choukri

    Régulièrement censuré par les gardiens zélés d’une certaine morale, tout aussi régulièrement érigé en livre culte par les défenseurs d’une parole libre, best-seller traduit en trente-neuf langues, l’autobiographique Pain nu est avant tout un récit de l’urgence, de la nécessité, le récit sombre et amer d’une enfance volée — celle de l’auteur. Dans un Maroc ravagé par la famine des années 40, le jeune Mohamed quitte le foyer familial, pour fuir un père haï, figure monstrueuse qui dans un accès de colère donne la mort à l’un de ses fils. Livré à lui-même et tout entier voué à sa survie, l’enfant connaît la faim, la drogue, la violence, la prostitution, la prison, aucune des dérives sordides de la rue ne lui sera épargné. Le Temps des erreurs, deuxième volet de cette vie qui a si mal commencé, est celui où Mohamed Choukri pense échapper pour toujours à une existence sans issue. Avec l’aide d’un compagnon de cellule, il a découvert les premières lettres de l’alphabet. C’est la révélation. Rapidement, il apprend à lire, devient professeur d’arabe, puis écrivain. Mais ce monde qu’il observe à présent avec une grande acuité, sur lequel il peut mettre des mots, reste celui d’un écorché vif. L’uvre de l’amertume sans rémission.

    Titres également disponibles :
    Kateb Yacine > Le Polygone étoilé, Nedjma,
    le cercle des représailles
    Tahar Ben Jelloun > L’Enfant de sable, La Nuit sacrée
    Mohamed Khair-Eddine > Agadir, Il était une fois un vieux couple heureux
    Abdelhak Serhane > Messaouda
     
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