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Numero 27  -  Janvier - Fevrier 2006  

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Case 30: va-t-il garder la cote?

TROIS QUESTIONS À Nevine El-Tahri, directrice générale de la banque ABN Amro

 par   Recueilli par NicolasAsselin

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    le CASE 30, l’indice de la Bourse du Caire et d’Alexandrie, a plus que doublé dans la dernière année, franchissant même début novembre le cap des 6000 points.

    Comment expliquez-vous l’intérêt soudain des marchés financiers pour l’indice Case 30?

    Depuis fin 2004, les réformes du gouvernement poussent à l’augmentation du volume des échanges et des liquidités. Cela attire toujours les investisseurs. Ceux-ci sont aujourd’hui plus nombreux, notamment en raison du programme de privatisations.

    Quand le cap des 6000 points a été franchi, le prix des échanges était très bas, et les investisseurs étrangers se sont intéressés aux valeurs des nouvelles technologies. Ce qui a eu pour effet, notamment dans le domaine des télécommunications, de quasiment doubler le prix des actions. Au même moment, il y a eu un flot de liquidités en provenance des marchés arabes, qui ont vu l’opportunité d’investir localement: à une époque où il est risqué de faire transiter son argent vers l’ouest, l’Egypte est apparue comme un marché plus abordable.

    Se dirige-t-on vers une surévaluation du Case 30, comme ce fut le cas pour le Nasdaq en 2000 ?

    Après trois ans de croissance sans précédent, les investisseurs peuvent craindre d’entrer dans le marché. Cependant, je crois qu’il y a encore de la valeur dans les cours actuels. Les perspectives de croissance sont là, notamment avec de nouvelles émissions d’actions sur le marché. Cela devrait permettre de bien asseoir le Case 30. Si le gouvernement poursuit ses réformes, l’indice ne devrait pas faire face aux mêmes difficultés que le Nasdaq dans un avenir proche, mais dans deux ou trois ans, peut-être. Cela ne veut pas dire que nous ne verrons pas le marché ralentir ou décliner à certains moments: le marché est volatile, mais la tendance actuelle est du côté de la croissance.

    Après trois années de progression constante, quelles sont les perspectives d’avenir pour le marché boursier égyptien?

    La bourse égyptienne a pris soin de mettre en place les outils et les produits qui lui assureront un avenir intéressant. Mais il faut une régulation importante du marché, ce que nous voyons aujourd’hui devenir réalité. L’avenir dépend en grande partie du gouvernement, de la décision de continuer les réformes en cours, et de la confiance des investisseurs envers l’application des nouvelles règles de taxation. De plus, l’Egypte ne devra pas uniquement se montrer ouverte au commerce, mais aussi mettre en place des procédures simples pour l’implantation des entreprises, en plus de procéder à l’introduction de produits et d’outils qui entraîneront plus de sophistication et d’options pour les investisseurs.

     
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