le CASE 30, lindice de la Bourse du Caire et dAlexandrie, a plus que doublé dans la dernière année, franchissant même début novembre le cap des 6000 points. Comment expliquez-vous lintérêt soudain des marchés financiers pour lindice Case 30?
Depuis fin 2004, les réformes du gouvernement poussent à laugmentation du volume des échanges et des liquidités. Cela attire toujours les investisseurs. Ceux-ci sont aujourdhui plus nombreux, notamment en raison du programme de privatisations. Quand le cap des 6000 points a été franchi, le prix des échanges était très bas, et les investisseurs étrangers se sont intéressés aux valeurs des nouvelles technologies. Ce qui a eu pour effet, notamment dans le domaine des télécommunications, de quasiment doubler le prix des actions. Au même moment, il y a eu un flot de liquidités en provenance des marchés arabes, qui ont vu lopportunité dinvestir localement: à une époque où il est risqué de faire transiter son argent vers louest, lEgypte est apparue comme un marché plus abordable. Se dirige-t-on vers une surévaluation du Case 30, comme ce fut le cas pour le Nasdaq en 2000 ?
Après trois ans de croissance sans précédent, les investisseurs peuvent craindre dentrer dans le marché. Cependant, je crois quil y a encore de la valeur dans les cours actuels. Les perspectives de croissance sont là, notamment avec de nouvelles émissions dactions sur le marché. Cela devrait permettre de bien asseoir le Case 30. Si le gouvernement poursuit ses réformes, lindice ne devrait pas faire face aux mêmes difficultés que le Nasdaq dans un avenir proche, mais dans deux ou trois ans, peut-être. Cela ne veut pas dire que nous ne verrons pas le marché ralentir ou décliner à certains moments: le marché est volatile, mais la tendance actuelle est du côté de la croissance. Après trois années de progression constante, quelles sont les perspectives davenir pour le marché boursier égyptien?
La bourse égyptienne a pris soin de mettre en place les outils et les produits qui lui assureront un avenir intéressant. Mais il faut une régulation importante du marché, ce que nous voyons aujourdhui devenir réalité. Lavenir dépend en grande partie du gouvernement, de la décision de continuer les réformes en cours, et de la confiance des investisseurs envers lapplication des nouvelles règles de taxation. De plus, lEgypte ne devra pas uniquement se montrer ouverte au commerce, mais aussi mettre en place des procédures simples pour limplantation des entreprises, en plus de procéder à lintroduction de produits et doutils qui entraîneront plus de sophistication et doptions pour les investisseurs. |