un accord historique. Le 14 décembre 2004, les gouvernements égyptien, américain et israélien créaient les Zones industrielles qualifiées les QIZ. Mené sous les auspices des Etats-Unis, ce partenariat commercial et industriel est le premier du genre liant lEgypte et Israël depuis la signature de laccord de paix et la normalisation des relations entre les deux pays en 1979. Selon ces accords, les produits fabriqués en Egypte par des entreprises implantées dans les QIZ ont accès au marché américain sans quotas ni droits de douanes, à condition quils comportent au moins 11,7% de composants israéliens, et que 35% des articles soient produits à lintérieur de ces zones. Aujourdhui, près de onze mois se sont écoulés depuis lentrée en vigueur de laccord, en février 2005.  | Omar Mohsen | | Selon léconomiste Mona El-Garf, «la signature dun tel accord était nécessaire pour sauver lindustrie du textile», menacée par la décision de lOMC de mettre fin aux quotas sur ces produits. |
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Le gouvernement égyptien a pris en compte trois critères pour choisir limplantation des Zones industrielles qualifiées: le taux dexportation vers le marché américain, le potentiel de croissance de ces exportations dans lavenir, et le nombre douvriers dans chaque zone. Conformément à ces critères, le programme concerne actuellement sept zones dans trois régions (Alexandrie, Port-Saïd, et le Grand Caire, incluant les villes nouvelles du Six-Octobre et du Dix-de-Ramadan). Cet accord donne un véritable élan au commerce entre lEgypte et Israël, dont le volume devrait être multiplié par dix dici la fin 2006, atteignant une valeur de 250 millions de dollars. Les échanges entre les deux pays, qui auparavant représentaient annuellement près de 60 millions de dollars, avaient chuté de plus de moitié pour atteindre 25 millions après léclatement de la deuxième Intifada en Palestine.
Les exportations textiles vers les Etats-Unis ont augmenté dun milliard de dollars dans les onze derniers mois.  | | Daprès le ministère de lIndustrie et du commerce extérieur, les progrès réalisés en moins dun an esquissent un avenir prometteur pour lindustrie égyptienne. Objectif du gouvernement: augmenter les exportations égyptiennes vers les Etats-Unis de 3,5 milliards de dollars dans les quatre années à venir. Le nombre dusines dont les produits peuvent accéder sans restrictions au marché américain est passé de 397 en février 2005 à 471 usines en décembre. Laccord couvre tous les types de biens manufacturés : produits mobiliers, techniques, chimiques, peausserie Mais une importance primordiale a été attribuée au secteur du textile et du prêt-à-porter qui est, sans nul doute, le premier bénéficiaire de laccord sur les QIZ. Laugmentation des exportations textiles a été estimée à un milliard de dollars dans les onze derniers mois, et devrait atteindre, selon les indicateurs les plus récents, 1,6milliard de dollars en 2006.  | Hasan Jamali | | La signature de laccord en décembre 2004, par lémissaire américain Robert Zoellick, le vice-Premier ministre israélien Ehud Olmert, et Rachid Mohamed Rachid, ministre égyptien du Commerce extérieur. |
| Colonne vertébrale
«La signature dun tel accord était nécessaire pour sauver lindustrie égyptienne du textile, affirme Mona El-Garf, économiste et professeur à la Faculté déconomie à lUniversité du Caire. Selon les protocoles de lOrganisation mondiale du commerce(OMC), les Etats-Unis devaient mettre fin, en janvier 2005, au système de quotas qui soutenaient sur leur marché les produits égyptiens face à la concurrence de la Chine et du Bangladesh. Cette abrogation allait mettre en péril lune des plus anciennes industries dEgypte.» Avec les hydrocarbures, le secteur du textile et du prêt-à-porter constitue la colonne vertébrale de lindustrie égyptienne. Destinataires de 30% des exportations égyptiennes, les Etats-Unis absorbent à eux seuls presque 40% des produits textiles exportés. Dans ce pays, où les droits de douanes sur lhabillement atteignent 36%, en être exempté constitue un véritable avantage pour lEgypte. Cela contribuera à améliorer le niveau de compétitivité des produits industriels issus des QIZ sur le marché américain, mais aussi à augmenter les exportations transatlantiques. Ce qui aura, par conséquent, des effets positifs sur le secteur, comme laugmentation des investissements directs étrangers ainsi que laccroissement des offres demploi. Malgré ces indicateurs économiques positifs, le système des QIZ nest pas exempt de risques, bien quils soient latents jusquà aujourdhui. Mona El-Garf craint pour sa part la répétition du scénario jordanien: «Ce pourcentage obligatoire de 11,7% de composants israéliens me rend sceptique. Israël pourrait bien en abuser, et hausser le prix des composants quil fournit aux investisseurs égyptiens, ce qui augmenterait par conséquent le coût de leurs produits», redoute-t-elle. Mais, malgré la hausse des prix, les exportations du textile jordanien vers les Etats-Unis sont passées de 2,4 millions de dollars en 1999 à 586,6 millions en 2003. «Il ne faut pas exagérer les méfaits de laccord, tempère léconomiste. Je ne pense pas que de tels risques doivent nous inciter à renoncer aux QIZ, puisque les avantages resteront, tout de même, plus importants.» |