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Numero 27  -  Janvier - Fevrier 2006  

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Comment les QIZ ont relancé le textile

ZOOM En décembre 2004, les Etats-Unis, l’Egypte et Israël signaient l’accord sur les Zones industrielles qualifiées (QIZ). Un an après, bilan des premières retombées sur un secteur décisif pour l’industrie nationale.

 par   Ingy Sedky

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    un accord historique. Le 14 décembre 2004, les gouvernements égyptien, américain et israélien créaient les Zones industrielles qualifiées – les QIZ. Mené sous les auspices des Etats-Unis, ce partenariat commercial et industriel est le premier du genre liant l’Egypte et Israël depuis la signature de l’accord de paix et la normalisation des relations entre les deux pays en 1979. Selon ces accords, les produits fabriqués en Egypte par des entreprises implantées dans les QIZ ont accès au marché américain sans quotas ni droits de douanes, à condition qu’ils comportent au moins 11,7% de composants israéliens, et que 35% des articles soient produits à l’intérieur de ces zones. Aujourd’hui, près de onze mois se sont écoulés depuis l’entrée en vigueur de l’accord, en février 2005.

    Omar Mohsen
    Selon l’économiste Mona El-Garf, «la signature d’un tel accord était nécessaire pour sauver l’industrie du textile», menacée par la décision de l’OMC de mettre fin aux quotas sur ces produits.

    Le gouvernement égyptien a pris en compte trois critères pour choisir l’implantation des Zones industrielles qualifiées: le taux d’exportation vers le marché américain, le potentiel de croissance de ces exportations dans l’avenir, et le nombre d’ouvriers dans chaque zone. Conformément à ces critères, le programme concerne actuellement sept zones dans trois régions (Alexandrie, Port-Saïd, et le Grand Caire, incluant les villes nouvelles du Six-Octobre et du Dix-de-Ramadan). Cet accord donne un véritable élan au commerce entre l’Egypte et Israël, dont le volume devrait être multiplié par dix d’ici la fin 2006, atteignant une valeur de 250 millions de dollars. Les échanges entre les deux pays, qui auparavant représentaient annuellement près de 60 millions de dollars, avaient chuté de plus de moitié pour atteindre 25 millions après l’éclatement de la deuxième Intifada en Palestine.

      Les exportations textiles vers les Etats-Unis ont augmenté d’un milliard de dollars dans les onze derniers mois. 
    D’après le ministère de l’Industrie et du commerce extérieur, les progrès réalisés en moins d’un an esquissent un avenir prometteur pour l’industrie égyptienne. Objectif du gouvernement: augmenter les exportations égyptiennes vers les Etats-Unis de 3,5 milliards de dollars dans les quatre années à venir. Le nombre d’usines dont les produits peuvent accéder sans restrictions au marché américain est passé de 397 en février 2005 à 471 usines en décembre. L’accord couvre tous les types de biens manufacturés : produits mobiliers, techniques, chimiques, peausserie Mais une importance primordiale a été attribuée au secteur du textile et du prêt-à-porter qui est, sans nul doute, le premier bénéficiaire de l’accord sur les QIZ. L’augmentation des exportations textiles a été estimée à un milliard de dollars dans les onze derniers mois, et devrait atteindre, selon les indicateurs les plus récents, 1,6milliard de dollars en 2006.

    Hasan Jamali
    La signature de l’accord en décembre 2004, par l’émissaire américain Robert Zoellick, le vice-Premier ministre israélien Ehud Olmert, et Rachid Mohamed Rachid, ministre égyptien du Commerce extérieur.
    Colonne vertébrale

    «La signature d’un tel accord était nécessaire pour sauver l’industrie égyptienne du textile, affirme Mona El-Garf, économiste et professeur à la Faculté d’économie à l’Université du Caire. Selon les protocoles de l’Organisation mondiale du commerce(OMC), les Etats-Unis devaient mettre fin, en janvier 2005, au système de quotas qui soutenaient sur leur marché les produits égyptiens face à la concurrence de la Chine et du Bangladesh. Cette abrogation allait mettre en péril l’une des plus anciennes industries d’Egypte.» Avec les hydrocarbures, le secteur du textile et du prêt-à-porter constitue la colonne vertébrale de l’industrie égyptienne. Destinataires de 30% des exportations égyptiennes, les Etats-Unis absorbent à eux seuls presque 40% des produits textiles exportés. Dans ce pays, où les droits de douanes sur l’habillement atteignent 36%, en être exempté constitue un véritable avantage pour l’Egypte. Cela contribuera à améliorer le niveau de compétitivité des produits industriels issus des QIZ sur le marché américain, mais aussi à augmenter les exportations transatlantiques. Ce qui aura, par conséquent, des effets positifs sur le secteur, comme l’augmentation des investissements directs étrangers ainsi que l’accroissement des offres d’emploi.

    Malgré ces indicateurs économiques positifs, le système des QIZ n’est pas exempt de risques, bien qu’ils soient latents jusqu’à aujourd’hui. Mona El-Garf craint pour sa part la répétition du scénario jordanien: «Ce pourcentage obligatoire de 11,7% de composants israéliens me rend sceptique. Israël pourrait bien en abuser, et hausser le prix des composants qu’il fournit aux investisseurs égyptiens, ce qui augmenterait par conséquent le coût de leurs produits», redoute-t-elle. Mais, malgré la hausse des prix, les exportations du textile jordanien vers les Etats-Unis sont passées de 2,4 millions de dollars en 1999 à 586,6 millions en 2003. «Il ne faut pas exagérer les méfaits de l’accord, tempère l’économiste. Je ne pense pas que de tels risques doivent nous inciter à renoncer aux QIZ, puisque les avantages resteront, tout de même, plus importants.»

     
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